Le mythe d’Orion
Le Scorpion entre dans la mythologie grecque pour une seule raison : tuer Orion. Le chasseur s’était vanté d’abattre tous les animaux de la Terre ; la Terre envoya contre lui un scorpion géant, et Zeus, à la prière d’Artémis et de Léto, éleva les deux adversaires au ciel. Une autre version prête l’envoi de la bête à Apollon.
Depuis, Orion fuit chaque été quand le Scorpion arrive : les deux constellations ne sont jamais hautes en même temps. Toute l’histoire d’Orion et du Scorpion.
Quand le Scorpion se lève à l’est, Orion se couche à l’ouest.
Des pinces à la Balance
Le Scorpion était autrefois plus grand. Les Grecs appelaient « pinces du Scorpion » les étoiles que nous rangeons aujourd’hui dans la Balance ; la séparation s’est faite à l’époque grecque ou romaine.
Le nom arabe de l’étoile la plus brillante de la Balance, Zubeneschamali, signifie encore « la pince du nord ».
La constellation réelle
Le Scorpion s’étend au sud de l’écliptique, dans l’une des régions les plus riches de la Voie lactée. Sa forme est l’une des rares à ressembler vraiment à son nom : une tête en éventail, un cœur rouge, Antarès, et une longue queue recourbée.
Depuis la Belgique, on ne le voit jamais en entier. Les soirs de juin et de juillet, Antarès monte à peine à 13 degrés au-dessus de l’horizon sud, et le bout de la queue reste dans la brume, quand il ne passe pas tout simplement sous l’horizon.
En 2026, le Soleil passe devant le Scorpion du 23 au 30 novembre seulement, puis traverse Ophiuchus jusqu’au 18 décembre. Le signe, lui, couvre un mois entier à partir du 23 octobre : c’est l’écart dû à la précession des équinoxes.
Ses étoiles
Antarès
Magnitude proche de 1, à environ 550 années-lumière. Son nom grec signifie à peu près « rival d’Arès », à cause de sa couleur rouge. Une supergéante dont le rayon vaut environ 680 fois celui du Soleil.
Shaula
« La queue dressée ». Elle marque le dard, à environ 570 années-lumière, presque invisible depuis nos latitudes.
Acrab
« Le scorpion », à environ 470 années-lumière. Une étoile multiple.
Dschubba
« Le front ». En juillet 2000, elle passa en quelques semaines de la magnitude 2,3 à 1,9, et varie depuis.
L’amas de Ptolémée
Un amas visible à l’œil nu près du dard, à environ 980 années-lumière. Ptolémée le nota en 130 comme une nébuleuse.
Dans l’art et l’histoire
Peu de figures du ciel ont une généalogie aussi longue. Le scorpion est déjà une constellation à Babylone, bien avant d’être un signe.
- BabyloneLes Babyloniens l’appelaient MUL.GIR.TAB, « le scorpion », que l’on peut lire « la créature au dard brûlant ».
- Égypte ptolémaïqueSur le zodiaque de Dendérah, plafond d’une chapelle du temple d’Hathor daté d’environ 50 avant notre ère et aujourd’hui au Louvre, le Scorpion garde sa forme gréco-romaine.
- GothiqueDans les Très Riches Heures du duc de Berry, au musée Condé de Chantilly, chaque mois du calendrier est surmonté d’un demi-cercle où figurent le char du Soleil et les signes du zodiaque.
- Atlas savantsHevelius en 1690, puis Bode en 1801, gravent l’animal sur des cartes où chaque étoile est mesurée.